Partager:

Toujours bien vivants et bien parlants

Étudiants en tenue traditionnelle de l’École polytechnique des Six Nations.

Photo : Convocation inaugurale des étudiants inscrits au baccalauréat ès arts en langues ogwehoweh de l’École polytechnique des Six nations, 7 juin 2017. (Photo : École polytechnique des Six nations)

Exterior of Six Nations campus

Photo : Exterior of Six Nations campus (Photo : École polytechnique des Six Nations)

Par

Taylor Gibson

Le patrimoine immatériel, Le patrimoine autochtone

Published Date: sept. 08, 2017

Lorsqu’on s’intéresse au lien entre la langue et la culture, il faut garder à l’esprit un fait : il ne sera jamais possible de vraiment saisir, complètement, un livre traduit de sa langue d’origine, et il en va de même pour la culture. On ne peut jamais vraiment la saisir et l’apprécier tant qu’on ne l’a pas comprise à partir de la langue d’origine. C’est de là qu’on tire son identité.

Pour qu’une langue survive, il faut déployer plus d’efforts pour la protéger. Un financement accru et des programmes plus soutenus constituent certes un bon départ. L’établissement où je travaille, l’École polytechnique des Six Nations, offre désormais des baccalauréats en cayuga et en mohawk. Il met aussi à la disposition des étudiants des livres, des ressources linguistiques et, plus récemment, une application. L’obtention de fonds reste un défi. Il nous faut plus d’occasions d’apprendre la langue, de l’intégrer à notre quotidien. Pour ma part, j’apprends toujours, et ce que j’ai appris à ce jour m’a été transmis par mes grands-parents et par les enseignants et mentors à mes côtés. Il peut être difficile de trouver des personnes avec qui parler. J’espère parvenir à faire en sorte que notre langue soit plus visible dans l’environnement, par exemple sur les panneaux bordant les routes et les façades d’édifices.

Il y a une phrase en cayuga qui a une résonnance culturelle particulière : « Swajá:goh! – vous persévérerez! » C’est considéré comme un mot d’encouragement, mais, en fait, je crois vraiment que notre collectivité des Six-Nations a persévéré. Malgré les pensionnats, les conflits, les politiques gouvernementales visant les Autochtones... Nous sommes toujours là, bien vivants et bien parlants.

La revitalisation d’une langue est possible par une panoplie de moyens naturels et durables, quand des linguistes, orateurs, enseignants et apprenants interagissent avec les organisations sociales, politiques et économiques de façon novatrice. La langue peut perdurer. Chez les Six Nations, l’effort en ce sens se concrétise, par exemple, lorsqu’on parle dans sa langue chez soi (et en société), lorsqu’on prend part à des cérémonies dans de longues maisons, à des fêtes, à des funérailles, à des veillées et à l’exercice d’autres fonctions communautaires, ou sociales, à la tenue des réunions du conseil de la Confédération des Haudenosaunee.

Source : École polytechnique des Six Nations, « Pathways to Creating Speakers of Onkwehonwehneha at Six Nations », 2017, p. 77