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Portrait de famille

Champ, tracteur et famille Lefaive

Le patrimoine immatériel

Published Date: sept. 08, 2017

Photo : Famille Lefaive (Photo : Ryan Osman and Norman Osman)

Les petites villes rurales ontariennes sont une douceur pour les yeux des voyageurs de la province, un rafraîchissement pour l’esprit. Mais peut-être faut-il s’y attarder plus longuement pour en saisir la culture sous-jacente, celle qui forme l’identité. Un second regard ou un discours passionné peut aussi en révéler beaucoup sur l’environnement et le patrimoine qui a façonné les lieux.

S’installer à Tiny en Ontario, un canton du comté de Simcoe, avec leurs trois jeunes filles, dans les premières années de leur mariage, a été une passionnante aventure pour Louis Lefaive, un Franco-Ontarien dont la famille avait vécu dans la région depuis le milieu des années 1800, et sa femme Laura. Le couple était heureux d’élever ses enfants dans un environnement favorisant une immersion dans la langue et la culture françaises. Lorsque la famille s’est installée à Tiny, la musique faisait déjà partie intégrante de la vie quotidienne du foyer Lefaive, et jouer en public aux côtés de leurs père et mère musiciens était naturel pour les aînées, Kelly et Jill.

Un piano a été leur premier achat pour leur nouvelle maison – une nécessité pour une famille aussi passionnée par la musique. Kelly et Jill (âgées alors de 6 et 4 ans) savaient ce qu’elles voulaient : des leçons de danse! Par chance, une violoniste férue de son instrument et des danses traditionnelles de la vallée de l’Outaouais venait d’emménager dans la région. Peu à peu, les trois filles, même la plus jeune Nicole, se sont mises à danser et à jouer de la musique sous sa direction. Elles ont assimilé avec enthousiasme les genres musicaux traditionnels, transmis de génération en génération. Pendant ce temps, elles étaient immergées dans le répertoire folklorique franco-canadien traditionnel au sein de leur communauté française. La famille, menée par Louis, offrait des prestations lors d’événements culturels et communautaires locaux. Grâce à des occasions importantes, le groupe a commencé à développer ses propres harmonies dans un style énergique, désireux de faire valoir et de refléter l’histoire et le dynamisme de la culture franco-ontarienne.

Sœurs Lefaive (Photo : Mariposa Photography)

Ce fut la naissance d’Ariko. Produit de traditions musicales orales et d’un mélange d’expériences musicales issues d’une communauté valorisant l’expression artistique, Ariko a pu transmettre et interpréter sa passion pour la musique traditionnelle, et pour ses compositions originales, à de nombreux publics, comme ceux de la scène principale du Mariposa Folk Festival, lors du spectacle de la solidarité franco-ontarienne et dans des concerts au Centre Harbourfront à Toronto. Devenues adultes, les filles continuent de partager la richesse de leur patrimoine musical avec la nouvelle génération, grâce à des représentations en famille, ou encore en enseignant et en tenant des ateliers de musique traditionnelle française.

La passion d’Ariko est palpable dans son album paru en 2017, Portrait de famille, un véritable portrait de cette famille musicale et des traditions qui ont façonné sa musique.