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Visite des badlands de Cheltenham

Les badlands de Cheltenham

Le patrimoine naturel

Published Date: mai 19, 2005

Photo : Les badlands de Cheltenham

Niché sur l’escarpement du Niagara, au milieu de la campagne vallonnée des collines de Caledon, se trouve un paysage unique en son genre, que l’on appelle localement les badlands de Cheltenham.

Ce site est un joyau naturel mystérieux, qui attire beaucoup de visiteurs. À une heure de route de Toronto, les automobilistes qui s’aventurent le long de Olde Baseline Road, situé juste au nord du village de Cheltenham, peuvent être surpris à la vue de ravines et de monticules très étonnants qui surgissent soudain de la forêt environnante. Perplexes devant ces étranges élévations, la plupart des passants ne peuvent s’empêcher d’étudier plus en détail cette singulière formation géologique.

Une visite des badlands offre un voyage dans l’ancienne histoire de la création de la région des Grands Lacs. Voilà quelque 430 millions d’années, cette zone s’étendait au bord d’une mer chaude. Avec le temps, les glaciers en recul remplirent le fond marin de sédiments rouges qui, sous l’effet de la compression, se transformèrent en schiste argileux de Queenston, une des nombreuses couches de roche ayant formé l’escarpement du Niagara. D’ordinaire caché, le schiste ordovicien constitue l’assise rocheuse d’une bonne partie du Centre-Sud de l’Ontario. Près de la base de l’escarpement, le schiste de Queenston repose toutefois juste au-dessous de la surface. (La plus grande partie de ce type de schiste est rouge du fait de la présence d’oxyde de fer.)

En dépit des processus d’évolution qui conduisirent à la formation du schiste de Queenston, les événements qui rendent aujourd’hui ce relief visible résultent d’une activité humaine assez récente. Les badlands commencèrent sans doute à se former au début des années 1900, quand on défricha la forêt pour créer des pâturages et des terres arables. Le retrait de cette couche protectrice de végétation exposa le schiste à l’érosion. En moins de cent ans, les éléments sculptèrent la terre, en la transformant en ce fantastique paysage à monticules.

Les célèbres badlands du Canada se trouvent en Alberta. Curieuse découverte que celle d’apprendre qu’ici, en Ontario, nous disposons de nos propres badlands en miniature. Il existe d’autres badlands en Ontario, mais ceux de Cheltenham restent le meilleur exemple du Sud de la province. Par conséquent, cette zone a été classée, par le ministère des Richesses naturelles, « zone d’intérêt naturel et scientifique » rare des sciences de la terre.

Comme des milliers de visiteurs s’y rendent par an, les badlands ont reçu beaucoup d’intérêt de la part du public. Les détritus et les feux de camp menacent de plus en plus, hélas, l’intégrité de ce lieu spécial. L’érosion anthropique par piétinement endommage les collines à l’argile tendre, tout en nuisant à l’habitat des poissons vu que de plus en plus de sédiments sont entraînés par les pluies dans le ruisseau voisin. Les visiteurs peuvent contribuer à atténuer l’effet de leur présence, en restant sur les pistes désignées et en respectant les panneaux qui restreignent l’équitation, la bicyclette et les véhicules tous terrains. En observant la règle « Ne prenez que des photographies, ne laissez que des empreintes », nous permettrons aux futures générations de pouvoir s’émerveiller, tout comme nous, devant cette merveille géologique.

En 1999 fert du titre de propriété du lieu historique de la Case de l’oncle Tom. , la propriété des badlands fut achetée par le ministère des Richesses naturelles à la succession de Russell Cooper, de Caledon. Protégeant deux kilomètres de la piste Optimum du sentier Bruce, le site est géré par la Bruce Trail Association et par la Caledon Countryside Alliance. En 2002, le titre de propriété du terrain fut transféré à la Fondation du patrimoine ontarien pour assurer la protection à long terme de ce site patrimonial naturel unique en son genre.