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Faire du théâtre

Les bâtiments municipaux de centres urbains plus importants, comme Stratford, Cobourg et Carleton Place (que l’on peut voir sur cette photo), abritent des salles de spectacle.

Par

Thomas Wicks

Les bâtiments et l'architecture, Les arts et la créativité

Published Date: 06 sept. 2013

Photo : Les bâtiments municipaux de centres urbains plus importants, comme Stratford, Cobourg et Carleton Place (que l’on peut voir sur cette photo), abritent des salles de spectacle.

Les salles de spectacle revêtent une importance considérable dans les collectivités de l’Ontario. Elles traduisent les aspirations de leurs concepteurs et témoignent de l’évolution de la province dans son ensemble.

À partir de la fin du XVIIIe siècle, au moment de la création du Haut-Canada, la fondation des établissements militaires entraîne la constitution des premiers auditoires susceptibles de faire du théâtre une activité viable. Même si l’évolution est lente pendant cette période initiale, les conditions préalables à la construction de salles de spectacle sont réunies. L’augmentation de la demande de spectacles sur scène suit la courbe démographique ascendante.

Même si le théâtre est une activité irrégulière au début du XIXe siècle, les troupes itinérantes américaines commencent, dès les années 1820, à se produire dans les villes et villages de l’Ontario dans le cadre de leurs tournées. À mesure que des colonies sont établies sur de nouveaux territoires plus éloignés et que l’industrialisation rapide conduit à la mise en place d’un réseau de lignes de chemin de fer, la fiabilité des moyens de communication et de transport permet aux troupes de théâtre itinérantes, qui sont nombreuses à cette période, de se rendre dans la province. Vers la fin du XIXe siècle, environ 250 troupes itinérantes sont en tournée en Ontario.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec l’expansion urbaine et le sentiment de fierté municipale qui l’accompagne, les hôtels de ville ne se limitent plus à de simples salles du conseil, mais incluent des prisons, des postes de pompiers et des salles de spectacle. Un grand nombre de ces structures et de salles de théâtre se cachent toujours derrière les façades d’édifices modestes ou grandioses. Les hôtels de ville d’Acton, d’Aylmer, de Clinton et de Woodstock sont des exemples importants. Ces structures – construites notamment dans le style italianisant, Second Empire ou néo-classique – incluent de vastes espaces de rencontre qui continuent d’être utilisés de nos jours.

Des églises ont également été transformées avec succès en salles de théâtre. La St. Brigid’s Church (que l’on peut voir sur cette photo), à Ottawa, est utilisée depuis peu pour accueillir diverses représentations publiques.

Photo: Des églises ont également été transformées avec succès en salles de théâtre. La St. Brigid’s Church (que l’on peut voir sur cette photo), à Ottawa, est utilisée depuis peu pour accueillir diverses représentations publiques.

L’hôtel de ville de Stratford de style néo-reine-Anne abrite une impressionnante salle de spectacle multifonctionnelle, que l’on peut voir sur cette photo.

Photo: L’hôtel de ville de Stratford de style néo-reine-Anne abrite une impressionnante salle de spectacle multifonctionnelle, que l’on peut voir sur cette photo.

Les bâtiments municipaux de centres urbains plus importants, comme Stratford, Cobourg et Carleton Place, intègrent également des salles de spectacle. L’hôtel de ville de Stratford de style néo-reine-Anne – conçu par les architectes George W. King et John Siddall et construit en 1899 – ainsi que Victoria Hall, l’hôtel de ville de Cobourg de style palladien britannique – conçu par l’architecte Kivas Tully et achevé en 1860 – abritent d’impressionnantes salles de spectacle multifonctionnelles. Le deuxième étage de l’hôtel de ville de Carleton Place, conçu dans le style roman richardsonien par l’architecte George W. King, comprend un auditorium qui présente un plafond à voûte d’arêtes en métal pressé décoré de motifs floraux, un balcon et une scène inclinée d’une grande rareté.

St. Lawrence Hall, construit à Toronto en 1850 dans le style néo-classique selon les plans d’un architecte provincial reconnu, William Thomas, incluait la plus grande salle de spectacle de la ville à cette époque, dont le prestige a attiré la cantatrice suédoise de renommée internationale, Jenny Lind.

Le sentiment de fierté municipale et un désir croissant de divertissement ont ouvert la voie à la construction de certains des premiers théâtres de la province créés spécifiquement à cette fin. L’ancien opéra de St. Marys, un bâtiment de trois étages en pierre calcaire conçu dans le style néo-gothique et construit en 1879-1880, est un exemple précoce impressionnant. Transformé en moulin à farine dans les années 1920, puis en appartements dans les années 1980, cette structure continue de dominer le secteur riverain de St. Marys. La transformation de ce théâtre témoigne aussi de l’adaptabilité d’un grand nombre des premières salles de spectacle.

Les palais de justice ont également commencé à accueillir des représentations théâtrales. Une salle d’audience du palais de justice de Niagara-on-the-Lake, de style néo-classique, lui aussi conçu par William Thomas, en 1846, a été transformée pour abriter un théâtre. Cette salle a accueilli les premières représentations du Shaw Festival en 1962 et continue d’être utilisée aujourd’hui à cette fin.

Toutefois, l’adaptabilité est souvent un processus à double sens, dans la mesure où un certain nombre d’autres structures historiques ont été transformées en salles de spectacle. À titre d’exemple, le Firehall Theatre de Cobourg occupe les locaux de l’ancien poste de pompiers de style Second Empire, situé dans la rue Second et construit en 1882.

Des églises ont également été transformées avec succès en salles de théâtre, à l’instar de la First Delta Baptist Church de Galt, conçue dans un mélange de styles roman et italianisant par l’architecte Thomas Boughton en 1887, qui a connu une telle transformation en 1982. De la même façon, la St. Brigid’s Church, à Ottawa, et le Century Church Theatre, à Hillsburgh, sont utilisés depuis peu pour accueillir diverses représentations publiques.

Des théâtres ont même été établis dans des granges – c’est par exemple le cas du 4th Line Theatre, à Millbrook, qui accueille une série de représentations estivales rappelant la tradition du théâtre en plein air.

Le nombre des installations saisonnières continue d’augmenter, à l’instar du Kee to Bala, à Muskoka, une salle de danse et de spectacle pour écouter de la musique en direct, et de différents kiosques à musique érigés dans des parcs communautaires à l’échelle de l’Ontario. Le kiosque à musique de Port Hope, construit en 1945 pour commémorer les soldats de la ville tombés au champ d’honneur, en est un exemple, de même que le kiosque à musique du site de l’Exposition nationale canadienne, à Toronto, datant de 1936, dont la conception s’inspire du Hollywood Bowl de style Art déco.

Tous ces sites montrent l’importance des salles de spectacle dans l’évolution des collectivités de l’Ontario. En tant que vitrines de l’histoire de l’Ontario, ils conservent leur valeur, non seulement en raison de leur importance architecturale, historique et contextuelle, mais aussi parce qu’ils continuent d’exister et d’être utilisés.