Partager:

Catalogage du patrimoine d’une collectivité

La maison Hill, construite vers 1855 par Hiram Hill, propriétaire de l’arsenal maritime de Morpeth. Cette résidence de style italianisant témoigne de la richesse suscitée par les activités de transport sur les Grands Lacs et par l’agriculture à Chatham-Kent, au milieu du XIXe siècle. (Photo : Dan Reaume)

Par

Dave Benson

Les bâtiments et l'architecture, La communauté

Published Date: mai 06, 2010

Photo : La maison Hill, construite vers 1855 par Hiram Hill, propriétaire de l’arsenal maritime de Morpeth. Cette résidence de style italianisant témoigne de la richesse suscitée par les activités de transport sur les Grands Lacs et par l’agriculture à Chatham-Kent, au milieu du XIXe siècle. (Photo : Dan Reaume)

Chatham-Kent est une municipalité issue d’une fusion et comprend de nombreux établissements anciens constituant un patrimoine qui compte des milliers de bâtiments. Récemment, Heritage Chatham-Kent (HC-K), notre comité municipal du patrimoine, a créé un registre des biens historiques avec les objectifs suivants :

  • apporter la garantie minimale, d’après la Loi sur le patrimoine de l’Ontario, qu’une période de préavis sera requise avant la démolition d’un édifice; ce délai permet au comité HC-K d’évaluer le bâtiment et de le recommander pour désignation, ou, s’il y a lieu, de documenter les informations sur ce bâtiment et de l’enregistrer;
  • permettre au comité HC-K d’élaborer une stratégie de priorisation des désignations;
  • fournir au public, au conseil et aux propriétaires des édifices répertoriés une estimation de la valeur du patrimoine de la collectivité;
  • assurer la promotion à travers le site Web de la municipalité.

En travaillant d’abord sur 200 entrées incontestables, le service de planification municipal a fourni les descriptions juridiques des biens, tandis que les membres du comité, aidés d’un assistant du patrimoine, ont identifié, photographié et décrit les styles architecturaux tout en évaluant la place de ces biens dans leur contexte et dans l’histoire.

Au printemps 2009, 100 nouvelles entrées ont enrichi cette ébauche de répertoire, reflétant mieux la diversité au sein de la collectivité et les différents types d’architectures (commerciale, industrielle, agricole). Une série de communications formelles, de lancements dans la presse et une journée d’information ont servi à susciter l’appui de la communauté. Le public a bénéficié de toutes les informations possibles sur la démarche et les implications relatives au registre.

L’ensemble des propriétaires des biens pressentis pour être inscrits dans le registre en ont été notifiés par un courrier comprenant les éléments suivants :

  • une fiche de renseignements détaillée;
  • les réponses aux questions les plus fréquentes;
  • un questionnaire d’enquête permettant aux propriétaires d’apporter des informations supplémentaires, des corrections ou des objections écrites;
  • une invitation à participer à la journée d’information avec les membres du comité HC-K et le service de planification municipal visant à répondre aux questions et aux inquiétudes exprimées.

La plupart de ces inquiétudes s’expliquaient par :

  • l’idée fausse que l’inscription d’un bien dans le registre implique automatiquement sa désignation;
  • le refus d’entraves au droit de propriété;
  • une défiance générale envers les pouvoirs publics.

Ironiquement, la majorité des objections formelles sont venues des églises et des heureux propriétaires de maisons faisant partie du patrimoine et très bien entretenues. Dans le même temps, cette démarche a toutefois permis à certains propriétaires de prendre conscience de l’importance historique de leurs biens.

Le conseil a approuvé le registre de Chatham-Kent le 18 janvier 2010. Les biens à propos desquels les propriétaires avaient exprimé une objection ont été omis de la version finale, ce qui se traduit par l’absence de plusieurs édifices importants.

Aujourd’hui, le registre recense et offre une protection minimale à 261 propriétés. Heritage Chatham-Kent dispose d’un document de travail pour établir sa planification stratégique. La démarche a permis d’identifier le profil des biens patrimoniaux et de susciter l’intérêt du public à leur égard. Le registre constitue à présent une nouvelle partie du site Web de Chatham-Kent, et contribue à promouvoir la ville dans le monde.